Avatar IA
Avatar IA réaliste de votre dirigeant : même avec son accord, c'est un hypertrucage, et voici ce qu'il faut écrire dessus
Oui : l’avatar IA réaliste de votre dirigeant reste un hypertrucage, même s’il a donné son accord, et la vidéo doit dire qu’elle a été générée par une IA. La définition de l’AI Act ne parle pas de consentement. Et parmi ses exemples d’hypertrucage, la Commission européenne cite précisément une vidéo générée où l’avatar réaliste du PDG d’une entreprise félicite les salariés pour leur travail et les résultats de l’année.
L’accord du dirigeant règle une autre question, celle du Code pénal : depuis mai 2024, diffuser un contenu généré qui représente l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende, et de deux ans et 45 000 € en ligne, sauf si c’est évident ou expressément mentionné. Deux textes, deux conditions : l’accord répond au Code pénal, pas à l’obligation de mention de l’AI Act. La propriété de la vidéo est encore une autre question, que traite le droit d’auteur d’une vidéo générée par IA.
Je suis vidéaste à Lyon, je tourne des vidéos d’entreprise et j’utilise des plans générés par IA sur des projets de marque ; j’ai expliqué ailleurs ce que l’IA change en vidéo en 2026, et ses limites. Voici ce que disent les textes, ce que demandent les outils d’avatar, où poser la mention, et quand je conseille de tourner plutôt que de générer.
Un avatar fait avec l’accord du dirigeant est-il un deepfake ?
Pour un éditeur d’avatars, non. Dans sa FAQ sur le « Digital Twin », HeyGen répond qu’un deepfake utilise l’image de quelqu’un sans permission, alors que son double numérique exige un enregistrement de consentement fait par la personne elle-même (page mise à jour le 12 octobre 2026, selon la date affichée).
Pour le droit européen, la question ne se pose pas en ces termes. L’article 3 du règlement définit l’hypertrucage comme une image ou un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé par l’IA, qui ressemble à des personnes, des objets, des lieux, des entités ou des événements existants, et qui peut être perçu à tort comme authentique ou véridique. Le consentement de la personne n’y figure pas.
Les lignes directrices de la Commission, adoptées le 20 juillet 2026, ajoutent deux précisions utiles ici :
- les « personnes » visées incluent les répliques numériques de personnes réelles et les avatars humains réalistes générés par IA, ainsi que la voix ou les expressions d’une personne ;
- l’appréciation est objective : il n’est pas nécessaire que celui qui diffuse la vidéo ait voulu tromper qui que ce soit.
Le même éditeur dit autre chose sur une autre page. Je sépare ce qu’il écrit de ce que j’en conclus : dans son guide sur le consentement et les règles de marque pour les entreprises, HeyGen écrit que l’article 50 impose depuis le 2 août 2026 de signaler les vidéos d’hypertrucage, et conseille une mention visible à l’écran sur chaque vidéo d’avatar d’une personne réelle. Ma conclusion : la réponse « ce n’est pas un deepfake » parle du sens courant du mot, pas du sens juridique.
Qu’est-ce que l’accord règle, et qu’est-ce qu’il ne règle pas ?
| Texte | Ce qui le déclenche | L'accord du dirigeant change-t-il quelque chose ? | Ce que prévoit le texte |
|---|---|---|---|
| AI Act, article 50, paragraphe 4 | Un hypertrucage produit par un « déployeur », c'est-à-dire un utilisateur professionnel de l'outil | Non : la définition de l'article 3 ne parle pas de consentement | Indiquer que le contenu a été généré ou manipulé par une IA, au plus tard à la première exposition ; amende jusqu'à 15 000 000 € ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu ; le plus faible des deux pour une PME |
| Code pénal, article 226-8 | La diffusion d'un contenu généré représentant l'image ou les paroles d'une personne, sans son consentement, s'il n'est ni évidemment généré ni expressément signalé | Oui : le texte vise la diffusion sans consentement | Un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende ; deux ans et 45 000 € par un service de communication au public en ligne |
| Protection des données | Un hypertrucage qui contient des informations sur une personne vivante identifiable | Non précisé par les lignes directrices | Les lignes directrices rappellent les obligations du droit de l'Union sur les données personnelles : une base légale pour le traitement, l'information de la personne représentée |
Chaque ligne vient de son texte : le règlement (UE) 2024/1689 (articles 3, 50 et 99) pour la première, la version du Code pénal en vigueur depuis le 23 mai 2024 pour la deuxième, le point 127 des lignes directrices de la Commission pour la troisième. Pour ce que deviennent les photos et les voix envoyées à l’outil, j’ai lu les politiques de confidentialité de trois générateurs dans l’article sur le RGPD et les photos de salariés envoyées à un générateur vidéo.
L’obligation de l’article 50, paragraphe 4, tient en une phrase : les déployeurs d’un système d’IA qui génère ou manipule des images ou des contenus audio ou vidéo constituant un hypertrucage « indiquent que les contenus ont été générés ou manipulés par une IA ».
Ma lecture, qui n’est pas un conseil juridique : la mention que vous posez pour l’AI Act peut aussi servir de mention expresse au sens du Code pénal. Avec l’accord écrit du dirigeant et une mention bien visible, les deux textes sont couverts. Sans mention, l’accord ne suffit pas pour l’AI Act. Et sans accord, les deux outils d’avatar que j’ai consultés ne créent pas l’avatar. J’ai détaillé les cas classés par la Commission et les plafonds d’amende dans l’article sur l’AI Act et la mention IA obligatoire sur une vidéo.
Que demandent les outils d’avatar avant de créer le double d’une personne ?
Un accord face caméra, donné par la personne elle-même. J’ai lu le 14 octobre 2026 les pages de deux éditeurs d’avatars, Synthesia et HeyGen. Je ne décris pas leurs menus : je reprends ce que chaque page annonce.
| Outil et page | Ce qu'il faut enregistrer | Le consentement exigé | Délai annoncé |
|---|---|---|---|
| Synthesia, avatar à partir d'une photo (documentation, modifiée le 26/08/2026) | Une photo de la personne, seule ; un échantillon de voix facultatif | Une vidéo de consentement, demandée pendant la création | En général quelques minutes après l'étape de consentement |
| Synthesia, avatar à partir d'une vidéo, ancien modèle (même page) | Une vidéo de 1 à 5 minutes, en une seule prise continue | Enregistrée en direct, par la même personne que dans la vidéo ; impossible de téléverser un consentement préenregistré | 24 h |
| HeyGen, page produit de l'avatar personnalisé (non datée) | Un clip de 15 secondes | Un code de consentement unique, lu face caméra | Environ 10 à 15 minutes |
| HeyGen, guide du « Digital Twin » (mise à jour affichée le 12/10/2026) | Environ 30 secondes face caméra, une prise continue, en 1080p et 30 images par seconde ou plus | Le code lu face caméra, par la même personne ; enregistrements d'écran et clips générés refusés | 10 à 20 minutes pour la plupart |
Deux pages du même éditeur, deux durées d’enregistrement : 15 secondes sur la page produit, environ 30 secondes dans le guide. Je les donne toutes les deux. Le guide précise aussi que, pour le double d’un dirigeant ou d’un collègue, c’est cette personne qui doit enregistrer elle-même les images et le consentement, et conseille de prévoir la séance avec elle, sur place.
Ce consentement-là est une vérification d’identité pour l’outil. Il ne dit rien des sujets sur lesquels l’avatar parlera, des canaux, ni de la durée. HeyGen le dit lui-même dans son guide pour les entreprises : il conseille de traiter le consentement de la plateforme comme un minimum et d’y ajouter un accord interne écrit, qui précise où, combien de temps et dans quelles langues l’avatar peut apparaître.
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Où et quand poser la mention sur une vidéo d’avatar ?
Le règlement demande une information claire et reconnaissable, au plus tard à la première exposition du public. Les lignes directrices de la Commission apportent trois précisions qui comptent pour une vidéo d’avatar :
- Visible ou audible, sans outil. Le spectateur doit comprendre sans rien installer ni chercher. Le marquage invisible posé par le générateur ne suffit pas.
- Pas seulement au début, si la vidéo peut être prise en cours. Les lignes directrices disent qu’une mention au seul début n’informe pas correctement ceux dont on peut prévoir qu’ils ne verront pas la vidéo depuis le début, et qu’elle doit alors être complétée plus tard, si possible. À mon sens, c’est le cas d’une vidéo qui démarre seule dans un fil d’actualité.
- Le public prévisible, pas le monde entier. Pour juger si une vidéo peut passer pour authentique, on tient compte du public auquel elle est destinée, y compris des personnes les moins familières de l’IA. La Commission précise qu’on n’a pas à anticiper une rediffusion par des tiers au-delà des canaux prévus, avec l’exemple d’une lettre d’information interne. À mon sens, des salariés qui reçoivent l’avatar de leur PDG dans cette lettre restent un public qui peut le prendre pour authentique.
Ce que je recommande dès qu’une vidéo contient un plan généré : une mention sobre à l’écran pendant les plans concernés, et une ligne dans la description. Pour un avatar de dirigeant, une formule comme « Vidéo générée par IA à partir de l’image et de la voix de [prénom nom], avec son accord » dit les deux choses à la fois : l’origine artificielle et le consentement.
Que faut-il écrire avant de créer l’avatar ?
- L’accord écrit du dirigeant : sur quels sujets son avatar peut parler, sur quels canaux, pendant combien de temps, dans quelles langues.
- Qui valide chaque texte avant la génération. HeyGen conseille une règle écrite : tout script prononcé par l’avatar d’une personne réelle est validé par cette personne ou par un délégué nommé.
- La formule de la mention à l’écran, la même pour toutes les vidéos.
- Sa place : dès les premières secondes, et répétée si la vidéo peut être vue en cours de route.
- Qui pose la mention, écrit dans le devis si la vidéo est produite par un prestataire. C’est une des questions de ma grille pour décider ce qui se tourne et ce qui se génère dans une vidéo d’entreprise.
- Ce que deviennent l’avatar et les vidéos quand le dirigeant quitte l’entreprise ou retire son accord. Selon HeyGen, supprimer l’avatar ne supprime pas les vidéos déjà exportées : la liste doit couvrir chaque fichier publié.
Avatar IA ou interview tournée : que choisir ?
Côté temps, les deux sont chiffrés. Pour l’avatar, le guide de HeyGen compte environ 10 minutes pour l’enregistrement, réglages compris, puis le code de consentement, la voix et l’apprentissage, avant de pouvoir générer des vidéos à partir d’un texte. Pour une interview, je compte une demi-journée de tournage sur place.
Ce qui les sépare n’est pas le temps, c’est ce que la vidéo prouve. Une interview tournée montre une personne qui a réellement dit ces mots. Un avatar montre une personne qui a autorisé qu’on les lui fasse dire, et la mention obligatoire le rappelle à chaque lecture.
Ma recommandation, par type de message :
- Des messages fréquents et factuels, à décliner en plusieurs langues (une mise à jour hebdomadaire, une procédure) : l’avatar peut servir, avec l’accord écrit et la mention. Si le message existe déjà en vidéo tournée, le doubler est l’autre voie, avec ses propres limites : j’ai relevé les prix et les pièges de la traduction vidéo par IA.
- Un message où le dirigeant s’engage personnellement (vœux, annonce difficile, recrutement, prise de parole devant les clients) : je conseille de tourner. C’est le genre de vidéo où le public cherche la personne, pas le texte. Pour la préparer sans lui faire apprendre un texte, voir comment préparer une interview vidéo de dirigeant sans réciter.
Pour ce second cas, mes formats entreprise sont simples : une demi-journée de tournage pour une interview, à partir de 650 €, une journée pour un film de présentation, à partir de 1 200 €, et une première version sous 10 à 15 jours après le tournage. Je filme et je monte moi-même, avec des musiques sous licence. Le détail des budgets, des agences aux six lignes d’un devis, est dans le tarif d’une vidéo d’entreprise, et ce qu’un tournage doit prévoir pour la version verticale, dans la vidéo LinkedIn d’entreprise.
Pour voir des vidéos d’entreprise réellement tournées, la page vidéaste entreprise à Lyon en présente trois, avec les tarifs des formats entreprise.
Sources : règlement (UE) 2024/1689, texte publié au Journal officiel (EUR-Lex), articles 3, 50 et 99 ; Commission européenne, lignes directrices sur l'article 50 (C(2026) 5054, 20 juillet 2026, en anglais), points 113 à 117, 127 et 143 ; Code pénal, articles 226-8 et 226-8-1 (Légifrance), version en vigueur depuis le 23 mai 2024 ; Synthesia, documentation « Personal Avatars » (en anglais) ; HeyGen, page de l'avatar personnalisé, guide du Digital Twin et guide consentement et règles de marque (en anglais). Pages consultées le 14 octobre 2026. Cet article est une lecture de vidéaste, pas un conseil juridique. Les prix et délais Shooting Life sont ceux de la page vidéaste entreprise. Les infographies ont été produites à partir de ces textes ; aucun visuel de cet article n'est généré par IA.